L’actualité financière ne s’arrête pas le week-end. La preuve avec les informations tombées depuis vendredi, et qui viennent s’inscrire dans le cadre d’une crise dont on ne sait pas quand et avec quel bilan elle s’arrêtera. Les déclarations se sont également multipliées, entre activisme de la part des gouvernants et cacophonie.
Garantie illimitée en Allemagne. « Nous disons aux épargnants et épargnantes que leurs placements sont sûrs. Le gouvernement s’en porte garant« , a indiqué ce week-end le porte-parole du ministère des Finances, Torsten Albig. Jusqu’à présent, la garantie d’Etat sur les dépôts était de 20.000 euros, soit le minimum à l’échelon européen. Elle sera désormais illimitée, une décision censée rassurer les clients des établissements financiers. En France, la garantie s’élève à 70.000 euros.
Cette initiative intervient alors que les difficultés de la banque immobilière Hypo Real Estate s’aggravent. Le consortium de banques qui avait conclu un accord avec le gouvernement « a refusé de fournir les lignes de liquidités prévues« , soit un montant total de 35 milliards d’euros qui échappe à la banque. Le placement sous le régime législatif des fallites de la banque américaine Lehman Brothers a précipité les difficultés de HRE. Selon l’hebdomadaire Well am Sonntag, « d’ici la fin de l’année, il manquerait jusqu’à 50 milliards d’euros et même 70 à 100 milliards d’euros d’ici fin 2009 » à l’établissement. Sa filiale germano-irlandaise Depfa est mise en cause dans cette débâcle.
Les banques du Benelux ont pour leur part continué à faire parler d’elles. Ainsi, Dexia a fait savoir que les difficultés d’Hypo Real Estate, avec laquelle l’établissement franco-belge a un risque de crédit, n’auraient qu’un impact très limité sur la solvabilité du groupe. « Dexia peut faire face à la dégradation des conditions de marchés« , a-t-il été expliqué suite à un conseil d’administration. Le président démissionnaire Axel Miller a par ailleurs renoncé à son indemnité de 3,7 millions d’euros prévue en cas de départ. La ministre française de l’Economie Christine Lagarde avait conditionné la recapitalisation de la banque à l’abandon de ce parachute doré. Un autre établissement, Fortis, est lui aussi dans l’actualité: Fortis va céder l’essentiel de ces activités aux Pays-Bas à l’Etat néerlandais pour un montant de 16,8 milliards d’euros. Il s’agit de « préserver durablement la solvabilité du groupe« .
Une information pour le moins inattendue est venue s’ajouter à ce flot d’informations ce matin: selon l’hebdomadaire américain Sunday Times, la banque d’affaires américaine JPMorgan Chase « est accusée d’avoir gelé 17 milliards de dollars (12,34 milliards d’euros) de liquidités et de titres appartenant à Lehman le vendredi soir précédant sa faillite« . Cette accusation émane d’un document déposé au tribunal des fallites de New York. Une crise de liquidités a affecté l’établissement financier, se déclarant en fallite le 15 septembre dernier.
A noter enfin le maigre bilan du mini-sommet ayant réuni samedi à l’Elysée la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Si les participants ont réaffirmé leur volonté de prendre à bras le corps les difficultés, ils n’ont en revanche pas réussi à se mettre d’accord sur un éventuel plan de relance européen: pour l’heure, la situation ne nécessite pas de plan majeur dans la lignée de celui adopté aux Etats-Unis. « Chaque pays doit prendre ses responsabilités au niveau national« , a expliqué la chancelière allemande Angela Merkel. En ce qui concerne la France, le gouvernement devra avant tout rassurer et faire preuve de pédagogie: 79 % des Français se déclarent inquiets quant aux conséquences que pourrait engendrer la crise (sondage Le Parisien/CSA).
Mise à jour 06/10 à 09:05 – BNP Paribas a conclu dans la nuit la reprise des activités belges, luxembourgeoises et internationales de Fortis. L’établissement français va acquérir auprès de l’Etat belge 75% de Fortis Bank, et 16% de Fortis Bank Luxembourg auprès des autorités du Grand-Duché. La semaine dernière, l’Etat néerlandais s’était emparé des activités de son territoire. La totalité des activités d’assurance devraient être reprises, et celles de banque de détail partiellement. La fin de l’opération est attendue d’ici le début de 2009. « Les coûts de restructuration sont estimés à 750 millions d’euros approximativement« , explique BNP Paribas. Les Etats belges et luxembourgeois détiendront par ailleurs 11,6% et 1,1% de la banque française.
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5 octobre 2008
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